L’exportation des commodités (les œufs de poules) entre Haïti et la République Dominicaine. À qui profite ce commerce?

Le commerce international étant l’échange des biens et des services entre un ou plusieurs pays constitue un élément assez important sur la valorisation de la monnaie notamment. Entre 1980 et 2015, le commerce international a été multiplié par 7,8 d’après l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), tandis que le Produit Intérieur Brut (PIB) a été multiplié par 6,8, selon les chiffres communiqués par la Banque Mondiale. Ce qui signifie que l’échange international occupe une place très importante dans les priorités des pays. Ainsi la balance commerciale c’est à dire le rapport entre la valeur de l’importation et l’exportation constitue l’un des principaux indicateurs de la performance d’un pays dans les échanges. Nous allons regarder les effets et les avantages d’un certain produit de la République Dominicaine exporté en Haïti. Nous allons surtout nous intéresser à l’exportation des œufs de poulets dominicain vers Haïti.

La révolution haïtienne de 1986 qui a conduit au départ de Jean Claude Duvalier à l’époque président à vie, n’était pas sans conséquence économique sur le pays. Henri Namphy son successeur a dû prendre certaines décisions à court terme pour résister à la montée de la misère, une décision soldée par une aggravation de la situation sociale et économique du pays. Parmi ces décisions l’annulation des taxations sur certains produits de première nécessité et des produits de consommation à cuisson rapide comme les œufs. Une taxation qui a évolué et ajusté au fil du temps pour arriver à une taxe officielle de la douane s’élevant à un montant de cent cinquante gourdes (150 gourdes) par caisse d’œufs de 360 unités, soit 12,50 Gourdes par plateau de 30 œufs (source MCI : Ministère du commerce et de l’industrie). La République dominicaine pays voisin d’Haïti a vite saisi l’occasion et a commencé à produire les œufs spécialement pour exporter en Haïti. Une situation qui reste aujourd’hui pareil et qui se profite à la République Dominicaine.

Selon un quotidien haïtien, le Nouvelliste le marché haïtien des œufs de table est alimenté à quatre-vingt-dix pour cent (90%) par des œufs provenant de la République dominicaine, ce qui nous donne un chiffre avoisinant 1,2 million par jour. Le commerce formel d’œufs et de poulets entre les deux pays a rapporté, en 2012, US$ 24.24 millions à la République Dominicaine, soit 2.2% de la totalité de ses exportations. Durant les années 2008 à 2012 par exemple, ces produits ne représentent en moyenne que 1.04% des achats haïtiens aux Dominicains.

La République Dominicaine exporte 20% de sa production d’œufs et de poulets, et presque la totalité de cette proportion destinée à l’extérieur est envoyée en Haïti. Pendant cette mème période (2008-2012), Haïti a acheté 97% et 99% des exportations d’œufs et de poulets dominicaines, respectivement. En 2012, des US$14.12 millions obtenus pour les exportations d’œufs, US$14.09 millions étaient consommés en Haïti. Il en est de même pour le commerce de poules qui a rapporté pour la même année US$10.12 millions, desquels US$ 10.07 étaient écoulés en Haïti. En somme, pour ces cinq années, plus de 98% des exportations de poules et d’œufs dominicains sont vendus à Haïti. L’importation annuelle des œufs dominicains en Haïti est de l’ordre de 240 millions. Des statistiques de la Banque centrale dominicaine montrent que « les œufs comme produit agricole ont enregistré une exportation de 7.78 millions de dollars et se sont exportés dans leur quasi-totalité vers le marché haïtien. Ce qui explique qu’une anomalie en termes d’exportations de ces produits affectent gravement l’économie dominicaine et leur production agricole en particulier. C’est pourquoi en 2013 lorsque l’Etat haïtien a pris la décisiond’interdire l’importation de viande et d’animaux de la République dominicaine, suite à une propagation de la grippe aviaire de l’autre cote du l’iles., le secteur a donc connu une chute de près de 86%. A cette même époque, une étude réalisée par un économiste de la Banque mondiale, la République dominicaine fournit à Haïti 30% de ses exportations, et son commerce avec Haïti représente 10% du PIB.

L’année après soit en 2014, suite a un accord trouver entre les deux pays afin de lever les interdits, la république dominicaine a décidé de doubler leurs exportations d’œufs en Haïti. Une stratégie qui consiste à palier au manquement de l’année précédente, les exportations vers Haïti bien avant l’interdiction de 2013 qui étaient de l’ordre de 30 millions d’œufs par mois, équivalent à 2,8 millions de dollars américain de ventes, avaient doublé pour atteindre le niveau des 60 millions d’unités par mois, qui serait synonyme de 5,6 millions de dollars américains par mois. Selon l’Association des Producteurs d’œufs de la République Dominicaine (ASOHUEVO)

La situation d’instabilité politique huitième n’est pas sans conséquence non plus. Des situations, qui affectent la république dominicaine et suscitent le regret de leurs autorités. En l’occurrence son ministre de l’Agriculture de 2019 Oscar Benitez, l’année ou cette production a encore pris un gros coup. « Il y a 20 millions d’œufs qui devraient aller sur le marché haïtien mais qui, en raison de la situation dans ce pays, restent en république dominicaine et cela nuit aux producteurs, regrette t’il. Entre janvier et octobre 2019, les dominicains ont vendu pour 403.5 millions de dollars US de produits en Haïti, ce qui représente une baisse de 41.6 millions de dollars, soit 9.3% par rapport à la même période de l’année précédente lorsque la vente des produits dominicains dans le pays avait atteint la barre de 445.1 millions de dollars US, selon la direction générale des douanes (DGA).

L’économie de la république dominicaine dépend principalement du commerce extérieur. Comme la plupart des îles des Caraïbes, la production de l’œuf constitue un part considérable dans la production et le PIB du pays. La République dominicaine a un déficit commercial structurel et cette production contribue à réduire ce déficit.

Manager Sandy ALCÉNAT

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2 Commentaires

  1. Walcy Daniel

    Si nos dirigeants avaient au moins un minimum dans leurs crânes, les dominicains sauraient comment nous traîter. P.R.A

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    • Sandy ALCENAT

      En effet, depuis plus de 30 ans, nos dirigeants ne font que gérer des urgences sans mettre en place de politiques économiques conformes et durables.

      Réponse

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